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  • Jean Aubin

Tourisme de l’espace, climat et carte carbone

Dernière mise à jour : 22 mai

Que faire quand on est milliardaire ? Utiliser une miette de sa fortune, quelques dizaines de millions, pour aller dans l‘espace ! Au-delà du scandale des inégalités extravagantes, c’est un symbole de l’irresponsabilité face au dérèglement climatique : quand on en a les moyens, on peut brûler des dizaines de tonnes de carburant pour voir de haut la planète qu’on détruit ainsi ! Après les jets privés et les yachts gigantesques, l’espace : les ultra-riches ne se sentent pas concernés par les économies d’énergie et le climat… Comment mettre un peu de cohérence dans les mesures fiscales et réglementaires destinées à limiter les émissions de CO2 ? Comment les rendre à la fois efficaces et acceptables socialement ? Les taxes sont nécessaires, pour leur effet incitatif, à condition de les accompagner de mesures sociales à même de les rendre acceptables pour les plus modestes, qui sinon ne pourront plus se chauffer ni aller à leur travail (voir les gilets jaunes). Mais les taxes seules ne suffisent pas, car elles sont largement insensibles pour les plus aisés, qui peuvent alors se dispenser de leur part d’effort nécessaire. Pourtant, plus on est riche, plus on a les moyens de consommer, et de consommer du superflu, alors que pour les plus modestes, c'est le nécessaire qui est impacté.


Pour que la distinction ne se fasse pas par l’argent, entre ceux qui doivent faire leur part et ceux qui en sont dispensés, l’idée d’une « carte carbone » est avancée depuis plusieurs années, sans beaucoup d’échos malheureusement, par des gens aussi divers que Dominique Bourg, Yves Cochet et maintenant Thomas Piketti… Quel serait le principe ? En début d’année, l’état attribuerait à chacun la même quantité de «carbone à émettre». A chaque achat d’énergie, de biens, de services, de billets de train ou d’avion, la carte serait débitée de la quantité de carbone correspondant. Il faut bien sûr réfléchir à la question de la fin d’année : comment récompenser les plus économes, qui n’ont pas utilisé tout leur quota ? Comment permettre aux plus insouciants de boucler l’année, tout en les incitant fortement à revoir leur comportement ? On peut imaginer la possibilité d’acheter au prix fort le complément de quota, un prix fort indexé sur le revenu fiscal, afin que riches et pauvres soient logés à la même enseigne : une « tonne de carbone » coûterait tant de jours de revenu fiscal.


Rêvons un peu et imaginons qu'en fin d’année, la COP26 qui doit se réunir à Glasgow adopte cette idée de carte carbone…


C'est un sujet important, que j’aborde ici de manière trop brève, sous le coup de la sidération à l’annonce du départ de la fusée de nos (très chers) touristes de l’espace, lancée grâce aux idées fructueuses (en termes de dollars) des Jeff Bezos, Elon Musk et autres visionnaires à l’esprit brouillé. Il faudra y revenir plus longuement, et revenir aussi sur une autre question : est-il sain pour la société de laisser exploser les inégalités et l’extrême richesse ? …




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