• Jean Aubin

Le système pétrolier s’effondre rapidement

Dernière mise à jour : 14 août

Une fois n’est pas coutume, le texte ci-dessous n’est pas de moi. Il s'agit d'un article tout récent que j’ai condensé. Cet article est lui-même traduit d’un article en anglais qui reprend une étude de 3 scientifiques de l’INRIA… que je n’ai trouvée! Pas de référence au texte original, pas de garantie d’authenticité donc! Pas très sérieux, j’en conviens. Je vous le livre malgré tout, sous réserve de vérification, car je trouve son contenu intéressant.

Si je devais résumer en une phrase ce "condensé de traduction d’un article sur une étude non trouvée"(ouf !), je dirais : La production mondiale de pétrole va décliner si rapidement que l’insuffisance de pétrole pourrait compromettre la transition vers les énergies renouvelables.

Je vous invite à lire l’article intégral en français. Vous y trouverez le lien vers l’article original en anglais et peut-être, si vous êtes plus malin que moi, le texte de l’étude de l’INRIA.

Énergies fossiles : Le système pétrolier s’effondre rapidement


Une équipe de scientifiques français spécialisés dans l’énergie prévient que l’effondrement du système pétrolier mondial est si rapide qu’il pourrait faire dérailler la transition vers un système d’énergie renouvelable s’il ne se produit pas assez vite. En 13 ans seulement, la production mondiale de pétrole pourrait entrer dans un déclin terminal exponentiel, accompagné de l’effondrement général des industries pétrolières et gazières mondiales au cours des trois prochaines décennies.


Mais ce n’est pas parce que la terre est en train de manquer de pétrole et de gaz. C’est plutôt parce que les industries pétrolières et gazières consomment de l’énergie exponentiellement, juste pour continuer à extraire du pétrole et du gaz. C’est pourquoi elles sont entrées dans une spirale destructrice d’augmentation des coûts de production, de diminution des bénéfices, d’augmentation de la dette et de déclin économique irréversible.


Rendement énergétique de l’investissement (EROI)


La clé pour comprendre tout cela applique le concept de «retour sur investissement énergétique» (EROI ou EROEI). L’EROI mesure la quantité d’énergie qu’il faut utiliser pour extraire l’énergie d’une ressource ou d’une technologie donnée. Plus ce ratio est élevé, mieux c’est, car cela signifie que l’on en a plus pour son argent (ou plutôt pour son énergie!).


Aujourd'hui, 15,5 % – presque un sixième – de l’énergie produite à partir du pétrole dans le monde est déjà nécessaire pour continuer à produire le pétrole. Or, la situation s’aggrave, au lieu de s’améliorer. Depuis que la production du pétrole conventionnel (le plus facile à obtenir) a ralenti et atteint un plateau il y a une quinzaine d’années, nous dépendons de plus en plus de formes de pétrole non conventionnel difficiles à extraire, qui utilisent de plus grandes quantités d’énergie avec des techniques plus complexes comme la fracturation. (EROI de plus en plus faible)


La spirale descendante


En 1950, l’EROI de la production mondiale de pétrole était très élevé, de l’ordre de 1 pour 44 (ce qui signifie que pour chaque unité d’énergie introduite, nous en retirions 44). Pourtant, comme l’illustre le graphique (à voir sur l'article original) cette valeur a connu une chute vertigineuse et choquante. Exemple : moins de 5 pour le pétrole de schiste.

(Dans l’article, les chiffres cités me semblent contradictoires les uns par rapport aux autres ; je ne les reprends donc pas ici. Mais le sens global est clair : l’EROI baisse et baissera dramatiquement ; une partie de plus en plus importante de l’énergie disponible est nécessaire pour produire de nouvelles quantités d’énergie)


D’ici 2050, la moitié de l’énergie extraite des réserves mondiales de pétrole devra être réinjectée dans de nouvelles extractions pour continuer à produire du pétrole. Les auteurs ont trouvé un nom intéressant pour ce phénomène autodestructeur : ils l’appellent «cannibalisme énergétique»

Cette tendance a des conséquences massives sur la croissance économique : plus nous avons besoin d’énergie pour extraire l’énergie elle-même, moins il y a d’énergie disponible pour d’autres secteurs de l’économie et de la société.


Il existe désormais de nombreuses preuves scientifiques que le déclin de l’EROI est un facteur sous-jacent du déclin de la croissance économique. Cela suggère que les deux dernières décennies de turbulences économiques mondiales sont étroitement liées à la dépendance structurelle continue de l’économie mondiale à l’égard des combustibles fossiles : une dépendance qui, si elle se poursuit, garantira un avenir sombre de déclin énergétique et économique dans un contexte de crise environnementale croissante.

Oui, l’ère des combustibles fossiles se termine


Si le pétrole de schiste a pu compenser le plateau de production des pétroles conventionnels depuis le milieu des années 2000, aucun autre pétrole ne devrait décoller et devenir la prochaine source d’énergie de secours. La production mondiale de pétrole atteindra probablement un pic et déclinera autour de 2034. Dans 13 ans seulement.

Il existe une fenêtre de plus en plus étroite entre des prix du pétrole suffisamment élevés pour que l’extraction et le développement soient viables et suffisamment bas pour que les consommateurs puissent y avoir accès. De ce point de vue, le pic pétrolier ne sera jamais ni un pic total de l’offre ni un pic de la demande, mais un mélange des deux dans des proportions difficiles à mesurer et à projeter.

Les ruptures technologiques comme le solaire photovoltaïque, les éoliennes, les batteries de stockage et les véhicules électriques (VE) sont en passe d’éliminer la demande de pétrole et de gaz au cours de la prochaine décennie. Le pétrole est donc confronté à une tempête parfaite, tant en amont qu’en aval. Idem pour le gaz.

Au cours des prochaines décennies, les investissements dans le pétrole et le gaz seront donc «coincés» en raison de trois pressions convergentes : les politiques climatiques exigeant que les combustibles fossiles restent dans le sol ; l’effondrement de la demande, les combustibles fossiles et les moteurs à combustion étant de plus en plus ébranlés par l’énergie solaire, l’énergie éolienne, les batteries et les véhicules électriques ; et l’accélération du «cannibalisme énergétique», les industries pétrolières et gazières se consumant elles-mêmes jusqu’à disparaître en essayant de continuer à fonctionner.


Problème pour la transition énergétique


L’implication la plus alarmante concerne peut-être les énergies renouvelables. Si nous retardons trop longtemps la transformation en énergie propre, il pourrait ne pas y avoir assez d’énergie pour soutenir la transition, ce qui conduirait au pire des scénarios : l’effondrement à la fois du système de combustibles fossiles et de la capacité à créer une alternative viable.

La bonne nouvelle est que les technologies d’énergie renouvelable telles que l’énergie solaire, l’énergie éolienne et les batteries deviennent plus efficaces, sont déployées de plus en plus rapidement et génèrent des rendements plus élevés. Les technologies d’énergie renouvelable ont un EROI plus élevé et croissant par rapport aux combustibles fossiles, et si elles sont déployées de manière optimale, elles peuvent éviter les goulets d’étranglement dans l’approvisionnement en minéraux et en matériaux.


Il n’y a pas de temps à perdre. Que nous le voulions ou non, la civilisation humaine est au cœur de la transformation la plus rapide du système énergétique mondial que nous ayons jamais connue. S’accrocher au vieux paradigme moribond des combustibles fossiles est une recette pour le suicide civilisationnel.



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